La première campagne archéologique s'est déroulée, à la demande de la municipalité de Taybeh, avec l'autorisation du Service des Antiquités palestiniennes, en collaboration avec le Studium Biblicum Franciscanum, sous la direction de Vincent Michel (association du Khader).

Une trentaine de volontaires européens et palestiniens de Taybeh participèrent au chantier durant une période de trois semaines en juillet 2000, encadrée par l'Association Atelier Saint-Jean des Quatre Couronnés - Anjou. Les jeunes européens ont été accueillis par la municipalité. Pour les jeunes palestiniens, ce fut un temps de découverte de la future formation professionnelle. Ils ont ainsi appris à connaître leurs goûts et leurs capacités pour la restauration de leur patrimoine et la recherche archéologique.


Description du site d'el-Khader

L'objectif du projet archéologique est l'étude du sanctuaire communément appelé el-Khader. Le site se trouve au sommet d'une petite colline, à la sortie du village. La silhouette du sanctuaire était parfaitement visible en élévation. Le site n'avait jamais fait l'objet de fouilles. Les ruines, visitées par l'explorateur français Victor Guérin (1868) et l'américain Edward Robinson (1852), furent étudiées minutieusement pour la première fois par A.M. Schneider (1931). Il déplorait alors dans son rapport qu'il n'y ait jamais eu aucun projet de fouilles. Cette lacune est maintenant comblée.

Dédié à Saint-Georges, le complexe ecclésiastique comprend les vestiges de plusieurs périodes, principalement byzantine et croisée. Accessible par un escalier monumental devant la façade, les vestiges d'une basilique croisée sont flanqués au sud d'une petite chapelle. Il semble que l'église ait été construite en occupant l'espace central d'un complexe byzantin (IVe-VIe siècle). C'est une petite chapelle à nef unique et à transept terminé par deux absidioles. Les murs de l'église médiévale sont les mieux conservés avec, par endroits, plus de 5 mètres de hauteur. Dès l'époque mamelouke (XIIIe-XVIe siècle), l'espace du narthex a été divisé et réutilisé en silos et en habitations. Le site continue à être visité et vénéré jusqu'à présent.


Première phase de travaux
: juillet 2000

Après avoir défini dans un premier temps le périmètre précis du chantier de fouilles, une clôture de l'enceinte a été réalisée grâce au concours de la municipalité de Taybeh. Le chantier commença par le défrichement et le nettoyage complet du site, puis des sondages de contrôle ont effectués sur toute la surface. Certains murs ont déjà pu être relevés, d'autres simplement restaurés.

Cette première campagne de fouilles mit en lumière l'existence de murs anciens et de quelques pavements de mosaïques heureusement préservés de l'époque byzantine (Ve-VIe siècle). Progressivement, le plan d'une église basilicale à trois nefs est apparu avec, toutautour, une série de salles annexes. Le baptistère, dont la cuve fut retrouvée dans l'abside sud de l'église croisée, devait y prendre place à l'origine.

Dans l'église centrale, le nettoyage de surface permit de remettre en état l'ancien dallage et les mosaïques de la période croisée. Au fur et à mesure de la progression du chantier, un espace a été aménagé pour la conservation des blocs d'architecture découverts. Ils ont été numérotés et répertoriés, selon les techniques de classement et d'inventaire archéologiques. Un projet de mise en valeur du site par un musée archéologique est actuellement à l'étude.

Dans la chapelle sud, trois périodes marquent l'histoire de cette pièce : à l'époque byzantine, la chapelle divisée en deux parties d'inégale longueur par un chancel avait son sol couvert d'une mosaïque fine. Détruite vraisemblablement au VIIIe siècle, elle fut partiellement restaurée à l'époque des Croisades pour servir de chapelle annexe à l'église principale. Les minces murs supportant la charpente byzantine furent élargis afin de supporter une puissante voûte en berceau, munie de doubleaux reposant sur des pilastres. Enfin, après la chute du Royaume Franc de Jérusalem (1187), l'espace entre les pilastres fut comblé et la chapelle se transforma en une habitation.

La partie occidentale est la plus chamboulée par l'occupation ininterrompue du sanctuaire. Les vestiges découverts s'échelonnent entre la période byzantine (mosaïques, architecture, céramique) jusqu'à la période moderne. En l'état des connaissances, on peut d'ores et déjà restituer le narthex de la basilique byzantine, trois salles d'habitation et deux citernes d'époques mamelouke et ottomane (XIIIe-XIXe siècle).

Tout au long du chantier, les jeunes palestiniens et français ont pu se familiariser avec un grand nombre de techniques propres à la recherche scientifique.

 


Seconde phase de travaux : juillet 2001

Durant une seconde année de fouilles archéologiques, le chantier sera étendu au flanc nord de la basilique, non encore dégagé, ainsi que sur les parties orientale et occidentale du site.

Programme de fouilles

  1. La partie extérieure située à l'est du chevet : mettre en lumière l'abside de la basilique et de la chapelle ainsi que les murs des époques byzantine et croisée
  2. Fouilles de toute la partie nord de l'édifice : dégager les salles annexes
  3. Sondages de contrôle sur toute la superficie du site : préciser l'existence d'édifices plus anciens, comme semble l'indiquer la présence de tessons de céramique des âges du Bronze et du Fer collectés à proximité
  4. Déblaiement de la partie occidentale du sanctuaire correspondant à l'atrium byzantin
  5. Début du travail de conservation et de restauration des mosaïques et des murs

Plus d'informations au retour du camp...


En savoir plus...


La Basilique d'el-Khader

Bilan archéologique

 

Album photos

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